Jeu stupide

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Du plus loin qu'ils se souviennent, ils ont toujours été ensemble. De la naissance jusqu'à maintenant. Ils ont grandi sous le regard de l'un et de l'autre, pourtant, quand ce regard a-t-il changé?
Un jour de pluie, certainement. N'est ce pas comme ça que l'on représente les jours tristes? D'adolescents à hommes, de meilleurs amis à plus, ils ont bravé l'impossible une nuit, en unissant leurs deux corps. Et sans rien attendre de plus ils ont recommencé. Encore, et encore. Pour eux, pour leurs familles, leurs amis, ils n'avaient pas le droit de s'aimer, alors ils ont commencé ce jeu. Secrètement, ils se voyaient. Se désiraient et se touchaient, mais ils s'interdisaient tous sentiments.
Chaque nuits, aussi douces furent leurs caresses, ils s'obligeaient à détruire tout le semblant d'amour qui prenait forme autour d'eux. Pour eux c'était comme ça que cela devait se passer, et c'est comme ça que cela se passerait.
Leurs vies continua. Aucun des deux ne résistaient à cette vague incessante qui les étouffaient petit à petit. On leur infligeaient femmes, enfants, mais ils s'en fichaient, ils continuaient de vivre et de souffrir en silence. Et ils mentaient. Ils mentaient à tout le monde. Ils se retrouvaient toujours. Des nuits entières des fois. Alors qu'ils jouissaient en murmurant le prénom de l'un et de l'autre, leurs familles attendaient, croyant que leurs époux avaient une réunion, un contre temps. Et comme depuis toujours, ils se forçaient à retourner à leurs vies respectives, se lâchant la main au dernier moment, se promettant une autre nuit durant laquelle il feront, une fois de plus, qu'un avec l'autre. "Je t'aime"? Impossible. Cela faisait partie de leur jeu. L'amour ne devait pas avoir sa place entre eux. Ils ne voulaient pas perdre. Ce n'était pas envisageable. Mais, n'était ce pas un autre mensonge parmi les autres? Une façon à eux de se protéger? Pour ne pas souffrir. Pour ne pas faire souffrir leur entourage. Mais ce n'était pas grave. Ils ne demandaient pas plus. Il ne devaient pas.
Des fois leurs familles s'invitaient. Ils discutaient, s'amusaient. Eux ils se regardaient. Et sans douter le moins du monde que ces deux époux, ces deux père aimaient et irremplaçables, se retrouvaient tard dans des endroits que eux seul connaissaient pour enfin crier leur amour interdit, ensemble, à l'unisson, leurs familles riaient, se racontant à quel point leur mari était irréprochable et bon.
Ils s'en voulaient, mais ils continuaient. Ils avaient besoin l'un de l'autre.
Mais ces sentiments ont eu raison d'eux. Leur passion avait implosée. Chaque jours, ils avaient besoin d'un peu plus. Ils devaient résister. Mais c'était trop tard. Stupide vie, stupide destin. Ils étaient épris l'un de l'autre. Ils se manquaient constamment. Leurs rendez vous d'une nuit ne leur suffisaient plus. Leurs sourires étaient devenus faux, sans vie, sans sentiments. Leurs regards haineux. Ils en voulait à leurs vies, à leur destin. Oui, ils en étaient sur, même s'il s'interdisaient l'amour, ils savaient qu'ils étaient destinés. Mais ils ne voulait rien savoir. Ils ne pouvaient pas s'aimer... Tragique, n'est ce pas?
Ils avaient envie d'hurler. D'hurler au monde entier à quel point ils souffraient. Mais encore une fois, ils firent ça en silence. Et ça, ça les consumaient. Même quand ils étaient ensemble, ça leur pesait, car ils savaient qu'après ils devaient se quitter. Quand ils couchaient ensemble, leurs larmes se mélangeaient à leurs baiser. Ils n'en pouvaient plus, mais ils continuaient. Ca les rendaient fous. Ils avaient plusieurs fois pensé au suicide. Digne de la tragédie de Juliette, mais trop lâche à leur goût, ils préféraient souffrir. Chaque jours devenaient de plus en plus dur. La douleur se faisait sentir plus fort. Le manque aussi. Mais ils continuaient le jeu. Ils faisaient encore semblant de supprimer tout amour. Qu’espéraient-ils? Pourquoi subir tout ça, alors qu’avec de simples mots, leur souffrance pouvait disparaître? Eux même ne le savait pas. Mais ils n’en pouvaient plus, ce sentiments était devenu trop pesant pour eux, eux qui l’avait porté si longtemps en secret. Si ils ne faisaient rien, ils allaient en payer de leurs vies, le chagrin allait prendre le dessus et les arracher à leurs existences.
Ils se retrouvèrent une énième fois. D’abord l’un en face de l’autre, sans bouger, ils se contemplaient. Puis, doucement, le plus courageux de cette soirée s’avançait pour enfin lui faire gouter au plaisir de chair qui pourtant leur était interdit.
Blottit dans les bras de leurs amants d’une nuit, ils ne se parlaient pas, mais on pouvait quand même entendre des milliers de questions, de prières qui se reflétaient dans leurs pensées. Pourquoi ne pas pouvoir s’aimer? Pourquoi ne pas nous le dire? Je vous en prie, donnez moi une chance… Après tout, que pouvaient-ils faire de plus, avec les barrière qu’ils s’imposaient? Ils craquaient tout les deux. Le jeu avait assez duré, il les étouffaient. Puis, relâchant enfin leurs sentiments, ils se mirent à pleurer, encore une fois, en silence. Les larmes salées coulait lentement sur leurs deux corps nus, enlacés. Ils avaient plus mal que d’habitude. Ils ne voulaient plus partir, et rester à jamais dans ces bras qui étaient finalement faits pour eux. Ils resserraient leurs bras, sans jamais dire un mot. Toute façon à quoi bon parler? Pour se dire quoi? Les seules paroles qu’ils auraient aimé entendre par-dessus tout, ils se les interdisaient.
Mais cette nuit, il s’en décida autrement. Fatigués de jouer? Beaucoup plus mal? Personne ne connaissait la vraie raison de ce bouleversement, et personne ne la connaîtra jamais. Au lieu du silence habituel, on pouvait entendre un prénom gémit. « Jonghyun…..Jonghyun…. Jonghyun…. ». A ce simple soufflement son amant le resserra, laissant ses larmes noyer le coupable de ce chagrin. Ils savaient que cette nuit serait leur fin. « Je t’en supplie… Key…dis le moi… dis-le moi simplement…». Pathétique n’est-ce pas? En venir à supplier l’homme qu’il a, en fin de compte, toujours aimé. Il se sentait misérable. Les larmes silencieuses sur leur visages ne purent que redoubler face à cette supplication. « Non… Je… Je ne perdrais pas Jonghyun… ». Cette simple réponse, pourtant dite d’une voix si douce, eu un effet dévastateur pour les deux hommes. Leurs cœur s’arrachèrent. Ils collèrent leurs fronts l’un contre l’autre et se regardaient. Seulement, c’était différent. Ils devenaient tout les deux complètement fous. Leur amour leur avaient fait perdre le peu de raison qu‘ils avaient réussi à garder. L’un des deux homme avait enjambé sont amants, se retrouvant à califourchon sur lui. Il plaça lentement ses mains dans le cou de celui-ci et les resserra. Maintenant on pouvait, dans ce silence pesant, distinguer les sanglots du jeune homme, qui se faisait de plus en plus audible. « Jon…ghyun… Je… ». Mais cette phrase, laissée en suspend, ne serra jamais terminée. L’amant s’écroula sur le corps maintenant inerte.
« Jonghyun, Je t’aime » ? Aurait-il pu vouloir dire ça? Qui sait… L’amant caressait le visage de son vis-à-vis, il l’embrassait, lui demandant de le pardonner. Il ne pouvait pas rester là. C’était trop dur. La vie était trop dur, sa vie. Il n’en voulait pas. Il n’en a jamais voulu. La seule chose qu’il avait demandé c’était cet homme mort, sur lequel il était assit, le recouvrant de toute les larmes de son être. Mais c’était trop tard, il ne pouvait pas l’avoir, non il ne pouvait plus. Il se lâchait à présent. Il hurlait. Il hurlait à la mort, en se tenant la poitrine, en se griffant, comme si il voulait s’arracher le cœur. Ce cœur, plus lourd que la roche. Sa gorge et son estomac se nouait à présent. Etalé sur la seule personne qu’il aimait vraiment, il ne demandait qu’à mourir. Il devait quitter ce monde insensé, où lui et celui qu’il aimait avaient dû se cacher durant toutes ses années.

Le tableau était magnifique. La pièce était couverte par la noirceur de la nuit, pourtant, grâce à la lune, le corps d’un homme par terre, sans vie, pouvait se dessiner à la perfection. Quelques mètres plus loin, son amant était suspendu au bout d’une corde, qu’il avait pris soin d’attacher en hauteur pour pouvoir rejoindre le seul être au monde qu’il n’ai jamais aimé. Leur amour n’avait fait que les perdre, les noyer et la seule issue possible était la mort. Mais, ils le savaient. Dès la première nuit, ils avaient su que ce qu’ils faisaient courait à leur perte, qu’ils finiraient, un jour, par s’entretuer d’amour. Et au final, ils avaient gagné. Leur stupide jeu les avaient dépassé, pour enfin les détruire.

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